La foudre tue d’un coup une vingtaine de vaches.

Météo France avait déclenché l’alerte orage ce week-end sur l’île de la Réunion En raison d’un environnement humide et instable. En effet, les météorologues avaient prévenu que des précipitations potentiellement fortes tomberaient, parfois associées à une activité électrique. Et ils ne s’étaient pas trompés. Samedi, la foudre s’est abattue à plusieurs endroits de l’île, faisant même des victimes.

Un éleveur de la commune de Tampon située dans le sud de la Réunion a en effet retrouvé 24 de ses vaches laitières mortes foudroyées dans la prairie. « La maison a tremblé et quand on est allé voir les vaches, elles étaient allongées et mortes », a témoigné l’exploitant à la télévision. « Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais certaines vaches ont été projetées à plus d’une trentaine de mètres », a-t-il déclaré au Journal de l’île de la Réunion repris par l’AFP.

Un cas exceptionnel

Ce n’est pas la première fois qu’un tel phénomène se produit et il n’est pas rare que des animaux en particulier des vaches meurent foudroyés durant des orages. En juin 2013, dans l’Ille-et-Vilaine, huit vaches ont ainsi été trouvées mortes, non loin d’un arbre, près duquel elle s’était réfugiée lors d’un orage. Le chiffre était alors déjà paru impressionnant.

Habituellement, ce ne sont qu’une ou deux vaches qui sont frappées. Aussi, l’évènement survenu à la Réunion apparait encore plus exceptionnel. Jean-Paul Bègue, l’éleveur a confié qu’il n’avait « jamais vu de sa vie ». « C’est déjà arrivé que la foudre tue une ou deux vaches. Mais jamais autant d’un coup. C’est un cas exceptionnel !  Même en métropole il n’y a jamais eu rien de tel », a expliqué Jean-Bernard Gonthier, président de la Chambre d’agriculture de la Réunion.

Des vaches foudroyées par la « tension de pas »

Mais comme certains seraient tentés de l’imaginer, les vaches n’ont évidemment pas été foudroyées directement par un éclair, ce qui est très rare. Elles ont été victimes d’un phénomène appelé « tension de pas ». Lorsque la foudre frappe la terre, les charges électriques se propagent dans le sol dont le
potentiel électrique peut alors devenir important, en fonction de la nature du sol et de la distance avec l’impact.

Comme le sol s’oppose à la circulation du courant électrique (résistivité), des différences de potentiel vont apparaitre entre deux points proches. C’est ce qui arrive avec le bétail. Lorsque des vaches se trouvent sur le champ touché, leurs pattes vont constituer des points de contact entre lesquels va apparaitre une différence de potentiel. Ceci va alors provoquer l’apparition d’un courant qui va traverser l’animal.

Un phénomène qui lui est souvent fatal, le coeur se trouvant la plupart du temps sur le trajet du courant. Plus l’écart entre les pattes est important, plus le risque de foudroiement est élevé, car plus les deux points sont distants, plus la différence de potentiel augmente. C’est pourquoi les vaches sont plus vulnérables face au phénomène que les hommes par exemple.

Lorsque les animaux sont victimes de « tension de pas », il est parfois possible d’observer les points d’entrée et de sortie du courant sur leur peau. Dans le cas présent, la foudre aurait frappé un poteau électrique situé à proximité de la maison de l’éleveur, selon les informations relayées. Un responsable local de Météo-France, Jacques Ecormier cité par l’AFP a indiqué que « les vaches étaient regroupées. Elles étaient le point le plus haut », ce qui explique pourquoi elles ont été si massivement frappées.

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Gentside Découverte

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Le nuage mamma, un phénomène aussi étrange qu’impressionnant

Cirrus, stratocumulus, cumulonimbus… Ce n’est plus un secret, les nuages peuvent emprunter une grande variété de formes. Il existe actuellement 10 genres de nuages répertoriés, mais ces derniers peuvent présenter des structures intérieures, des variétés et des caractéristiques différentes, accentuant encore la variété. Certaines formes sont toutefois bien plus impressionnantes que d’autres. C’est notamment le cas des nuages mamma (ou mammatus).

Leur nom est dérivé du latin mamma qui désigne les mamelles ou les seins. Et en observant les nuages, on comprend pourquoi. En effet, les mammas apparaissent sous la forme de petites poches sphériques semblant attachées à la base d’un nuage.

Généralement, ils adoptent une couleur bleu-gris semblable au nuage, mais ils peuvent aussi être de couleurs plus frappantes. C’est ce qu’il s’est produit en juillet 2013 dans le ciel de la ville d’Iron Mountain aux États-Unis : les mammas sont apparus orange, donnant un aspect totalement irréel au ciel.

D’un nuage à l’autre, les lobes peuvent être lisses ou irréguliers, opaques ou transparents. Ils apparaissent généralement par groupe, mais les lobes peuvent être plus ou moins nombreux. Ils peuvent sembler bien rangés sur une même ligne ou alors plus dispersés. De même, les poches peuvent avoir ou non la même taille. En moyenne, leur diamètre varie de 0,5 à 3 km. Mais tout va dépendre des conditions.

Des structures mystérieuses en vérité

Le mot mamma ne correspond pas à un type particulier de nuages, seulement à une caractéristique qui peut apparaitre si certaines conditions sont réunies. Aussi, le phénomène peut se produire à la base de différents genres de nuages. Le plus souvent, il est associé à un cumulonimbus, mais il peut aussi apparaitre sous un stratocumulus, un altocumulus, un altostratus ou encore un cirrus.

Comme l’expliquent les météorologues, l’apparition des poches aurait lieu lorsque la partie instable d’un nuage survole une couche d’air très sec. Comme ils sont plus denses que l’air environnant, les gouttelettes et cristaux de glace contenus dans le nuage descendraient vers la base de la structure, tout en s’évaporant, refroidissant l’air. Mais ceci ne serait pas uniforme, certaines régions finiraient donc par être plus humides et moins froides que d’autres, et auraient tendance à continuer de descendre, déstabilisant la base du nuage.

À cause des mouvements convectifs créés, des poches de gouttelettes et/ou de cristaux de glace apparaitraient alors donnant l’aspect si caractéristique des mammas. Toutefois, ces structures restent très énigmatiques. En effet, des observations ont permis aux météorologues de mettre en évidence le processus décrit ci-dessus, mais cela ne permet pas d’expliquer pourquoi l’apparition, la localisation et l’aspect des mammas sont aussi variables. A l’heure actuelle, on ignore donc les mécanismes exacts mis en jeu.

 Un risque pour les pilotes

Aux États-Unis,  les nuages mamma sont régulièrement observés en particulier dans les états du centre et de l’est du pays au cours des mois chauds de l’année. Certains pensent encore qu’ils sont annonciateurs de l’arrivée d’un orage violent, ceci à cause de leur association fréquente avec les cumulonimbus, synonymes de fortes averses, d’orages voire de tornades. Toutefois, la formation des mammas n’a rien à voir avec celles des précipitations ou d’autres phénomènes violents. De plus, ils sont observés aussi dans des contextes non orageux.

Leur présence ne signifierait donc pas qu’il va y avoir du mauvais temps, selon les météorologues. En revanche, ces derniers conseillent vivement aux pilotes d’avion de ne pas s’approcher des mammas qui peuvent présenter un risque important du fait de leur caractère très instable et des mouvements de convection qui y règnent. Généralement, une poche peut se maintenir pendant environ 10 minutes, mais l’ensemble peut durer 15 minutes comme plusieurs heures.

De quoi offrir un spectacle magnifique à ses observateurs, en particulier quand les mammas se teintent d’orange, éclairés par les rayons du soleil. En Haïti, ces nuages s’observent surtout entre juin et septembre surtout lors des puissants orages sur le bas Plateau Central et je vous assure que cela vaut le coup d’œil.
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Gentside Découverte