Météo : cyclone, typhon ou ouragan

Les cyclones dans le monde

Avec la saison des cyclones, les spectateurs n’ont pas fini d’entendre parler de cyclone devenu tempête ou typhon selon la précision de celui qui va en parler. Quelle différence? Les trois nominations qualifient le même phénomène : « un phénomène tourbillonnaire des régions tropicales (entre 30°N et 30°S) accompagné de vents dont la vitesse est supérieure ou égale à 64 nœuds c’est-à-dire 118 km/h ( soit une force 12 sur l’échelle de Beaufort). »

C’est simplement la région du monde où l’événement météorologique survient qui détermine le terme à utiliser.

  • Atlantique Nord et le Pacifique Nord-Est => ouragan
  • Asie de l’Est => typhon
  • Autres bassins océaniques => cyclone

Les cyclones, des monstres lents

Les cyclones sont particulièrement dangereux, car ils ne se déplacent pas à plus de 30 km, ce qui les rend particulièrement destructeurs. Avant d’en arriver là, il faut des conditions très spécifiques pour donner naissance à ce phénomène qui reste rare. C’est la chaleur de l’océan qui est déterminante. Il faut que la surface de l’océan soit à une température de 28 à 29 degrés sur 60 mètres de long minimun. Ce qui est fascinant pour les béotiens, c’est la force de Coriolis. Au niveau des latitudes tropicales la rotation de la terre met à paroxysme le phénomène appelé « force de Coriolis ». Il se définit ainsi : « La force de Coriolis est une force inertielle agissant perpendiculairement à la direction du mouvement d’un corps en déplacement dans un milieu (un référentiel) lui-même en rotation uniforme, tel que vu par un observateur partageant le même référentiel » Plus simplement, la tempête est comme une toupie à laquelle on donne un élan supplémentaire pour la faire tourner plus vite. Et là cet élan supplémentaire est donné par la rotation de la Terre. On dit que c’est à la latitude « 5 » que les cyclones les plus puissants naissent. Les cyclones en Atlantique sud et dans le Pacifique sud-est sont très rares car les eaux sont relativement froides.
La saison cyclonique s’étend habituellement de juin à octobre aux Antilles et de novembre à avril dans l’hémisphère sud. 

Comment connaît-on la puissance d’un cyclone ?

On utilise l’échelle de Saffir-Simpson qui connaît 5 rangs de puissance.

Les cinq premiers rangs originaux permettent de mettre un niveau de danger et de risque par rapport à la puissance des vents et à la hauteur de l’onde. Cette dernière représente la hauteur de la houle et des vagues que le cyclone va entraîner avec lui.

Pour la calculer, la vitesse des vents est enregistrée pendant une minute à une hauteur de 10 mètres durant une période de vents continue. La moyenne va donner une intensité des vents qui sera reportée dans l’échelle de Saffir-Simpson? Avant qu’une tempête deviennent un cyclone, on compte deux classes de phénomènes cycloniques :

  • En dessous des 63 km/h, on parle de dépression tropicale.
  • De 63 et 117 km/h, c’est une tempête tropicale.
  • Plus de 117 km/h, on parle de cyclone

C’est à partir de là que l’échelle de Saffir-Simpson est utilisée. Depuis 2005, un 6 eme rang a été rajouté pour parler des records absolus comme ceux d’Erika et des vents à plus de 350 km/h. Les scientifiques pensent qu’il n’y a pas de raison d’établir de nouveaux rangs d’intensité, car au-delà du niveau 5, c’est à dire des vents supérieurs à 250 km/h, les destructions sont totales. Ce 6e rang est plus folklorique et médiatique que scientifique.

Réchauffement climatique et cyclone

C’est encore le jeu des climato-sceptiques qui expliquent que malgré le réchauffement climatique, il n’y a pas davantage de cyclones. C’est vrai. On appelle cela un syllogisme. Ils ne sont pas plus nombreux, mais ils sont plus puissants. Le réchauffement climatique et notamment celui de la surface des océans et des mers en fait pas gagner 20 degrés à la Manche par exemple. Par contre, dans les océans où la température est déjà chaude, on s’attend à moyen terme à des cyclones beaucoup plus puissants. Le Japon touché par le typhon Hagibis en 2019, le plus puissant mesuré depuis 1958, en sait quelque chose. Scientifiquement, il est difficile de faire des liens de causalité, mais si la justification scientifique d’un rang supplémentaire dans la catégorisation des Cyclones n’est pas réel, le fait de l’avoir fait montre que les supers-cyclones se multiplient. Dorian a été flashé avec des vents qui ont dépassé les 300 Km/h.

Aujourd’hui, les scientifiques craignent plus un accroissement de la force des vents, plutôt qu’une augmentation du nombre de ces phénomènes. Le réchauffement climatique est si rapide que prévoir sur le moyen terme est devenu aussi simple que de miser sur le rouge ou le noir à la roulette…